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Extraits d’un article du général Bernard Messana, paru sur le site de l’ASAF le 22 avril 2013.
…… Car le soldat s’affirme, au quotidien, comme celui qui sert son Pays, sans rien exiger en contrepartie.
Et parce qu’il est, dans le danger, le dernier recours.
Or la France est en danger.
La « Crise » a frappé, l’avenir reste sombre, et certains laissent même entendre que notre situation ressemblerait à celle des années 30.
Alors, dans le marasme général, des citoyens, déboussolés, titubent……. (ils) ont même le sentiment que les gouvernants masquent par des opérations de diversion leur impuissance à régler les vrais problèmes de notre société….. et la France va couler.
…… Et voilà que dans ce climat délétère où seules nos Armées, « honnêtes et fidèles », apparaissaient comme la force tranquille, le pilier garant de la solidité de l’édifice, la Nation unie, la France qui gagne des batailles, on s’apprêterait à tailler dans la masse de ce grand Corps.
Parce qu’il est muet.
Parce que c’est donc facile.
Pourtant, depuis 2008 où avaient été redéfinies les menaces et redessinés nos formats, rien n’a changé, hormis les conditions budgétaires.
C’est donc à ces « conditions » que le politique entend accorder ses ambitions, ce qui revient à les perdre. C’est donc à ces « conditions » que le politique entend soumettre la Défense, pour trouver cet argent ailleurs dilapidé.
Faudra-t-il donc que les chefs d’EM, corde au cou, aillent ensemble à l’Elysée pour répéter une dernière fois que le plancher est atteint, et qu’aller plus loin conduira la France à perdre son rang.
Qu’aller plus loin la conduira à perdre son indépendance.
Baisser la garde sous le prétexte douteux de faire contribuer les Armées à un effort qu’elle a, seule dans ce cas, déjà accompli rubis sur l’ongle, alors que les périls se multiplient et que la France est malade, est insane.
Demain des contingents étrangers viendront sur notre sol pour protéger leurs ressortissants et leurs possessions menacées.
Demain nous ne pourrons plus secourir, à l’étranger, nos ressortissants en péril.
Demain notre Armée bonzaï, Armée d’échantillons, ne servira plus que d’étique troupe de manœuvre aux entreprises onusiennes ou otaniennes.
Demain, lassé d’espérer, le soldat ira à son tour dans la rue, pour défendre le « service public » de Défense dont il a la charge.
Demain…
Sauf si un politique retrouvait le courage, et l’honneur.
Général (2S) Bernard Messana |