Mon Général
Monsieur le Secrétaire Général
Messieurs les Directeurs
Messieurs les Officiers Généraux
Mesdames et messieurs les présidents d’associations

Je vous remercie de nous avoir rejoints à l’occasion de notre Assemblée générale et à un moment de l’histoire de notre pays où nous devons tous nous serrer les coudes, nous écouter les uns les autres et entreprendre ensemble la lutte difficile contre le terrorisme sur notre sol, en Europe et jusque dans ses racines.

Ainsi, c’est unis que nous serons forts pour cet affrontement qui déjà divise les Français et n’apparait pas à tous comme une priorité, sinon toute momentanée, ou bien est déjà un enjeu de lutte de pouvoir politicienne.

De tels événements s’inscrivent toujours dans une histoire déjà en route et, sur le long chemin ainsi tracé, nous comprenons tous combien il est difficile de discerner les indices d’un problème majeur pendant que, déjà, les convulsions habituelles d’une société qui se cherche agitent nos concitoyens et nous aussi d’ailleurs.

Cependant, instruits par l’histoire tragique des nations, des voix s’élèvent depuis longtemps pour appeler au sursaut d’une société engourdie dans les charmes émollients de la high-tech, de l’assistanat, de l’égoïsme et de l’abandon de valeurs qui sont nos racines et nous maintiennent en vie, avec dignité, avec courage et avec le sentiment de nous battre pour notre idée de la France, de l’Europe, d’un monde plus clément ainsi que de l’avenir commun de nos enfants.

Ces voix-là doivent se faire entendre certes mais surtout doivent être écoutées. Nous appelons depuis déjà longtemps nos gouvernants à placer en tête des priorités la sécurité de nos concitoyens, à prendre en compte la nécessaire compréhension de l’autre en tentant d’éviter les amalgames dévastateurs. Mais il nous faut constater que les voix qui militent dans ce sens sont bien ténues et que la nécessaire pédagogie n’en est que balbutiante.

Le rôle d’associations telles que la nôtre est bien de lancer les alertes, d’appeler à l’union, de faire avancer nos idées, de soutenir l’action publique de ceux qui ont une vision de l’avenir conforme à la nôtre. En somme, il nous faut être attentifs, inventifs mais surtout actifs comme nous l’avons été tout au long de nos diverses carrières.

Attentifs, nous le sommes depuis longtemps. Nous constatons, comme beaucoup, le délitement de la société, la montée des égoïsmes personnels ou de chapelles. Nous constatons aussi l’espèce d’impuissance de nos gouvernants qui depuis longtemps déjà sont inefficaces ou velléitaires face à ces phénomènes. Mais nos voix sont dispersées, cacophoniques en quelque sorte et nous ne savons pas nous faire entendre, peut-être aussi ne veut-on pas nous entendre tant la parole d’anciens militaires peut déranger ou parce qu’il est facile d’instrumentaliser notre expression.

Inventifs, il nous faut l’être encore plus car notre monde est celui du foisonnement des idées, des techniques et des comportements. Il nous revient de coller à cette réalité et de nous montrer à la hauteur des défis prégnants qui s’imposent à nous, que ce soit dans notre place comme fondement de la société, ou par nos idées dans la contribution des forces armées comme des anciens militaires ou réservistes qui peuvent et doivent tenir une place, forte, dans tout système de sécurité cohérent par leur expertise, leur dévouement et leur solidité foncière. Mais notre rôle ne saurait se limiter à notre domaine ancien d’expertise car nous sommes aussi des piliers de cette société et devons contribuer à la conforter en faisant preuve de qualités d’écoute, d’ouverture mais aussi de détermination.

Actifs, certes nous avons le sentiment de l’être déjà, mais cette activité-là, est-elle suffisante, est-elle adaptée, est-elle efficace ? Voilà le chantier dans lequel nous sommes mais qu’il faut faire progresser par un engagement plus grand, une voix plus forte, une sensibilité permanente et une écoute de tous.

 

Enfin, d’ores et déjà nous souhaitons que nos gouvernants sortent d’un immobilisme néfaste en termes d’organisation de la lutte contre le terrorisme, de moyens légaux et financiers nécessaires et trop chichement comptés. Nous souhaitons que la mode néfaste des dividendes de la paix soit effacée des mentalités de tous et que la raison revienne à l’esprit de nos élus dans une juste appréciation des priorités vitales. Nos armées sont depuis plus de trente ans soumises à de constants remodelages depuis la RGPP jusqu’aux BdD sans que jamais ne cessent ces convulsions, sans oublier, entre autres, l’échec lamentable de Louvois et le vol de munitions dans des enceintes, en principe très sécurisées, dont nous savons les causes. Cessons ces bouleversements permanents pour des motifs contingents et améliorons l’organisation et les moyens de nos forces avec enfin pour seul but : leur efficacité au combat.

Je ne saurais terminer sans évoquer devant vous la fâcheuse habitude qu’ont nos gouvernants de détourner l’attention des plus graves problèmes en provoquant des chocs de diversion qui, ces derniers temps, ont particulièrement touché les membres d’un monde militaire déjà passablement à vif.

Non, il y a des sujets de préoccupation bien plus graves et il serait bon que chacun se consacre d’abord à ce qui est primordial.

L’ANOCR s’efforce d’avancer dans ces voies, certes pas seule mais aux côtés d’autres associations qui sont mues par les mêmes aspirations, et c’est ce qui nous rend plus forts et c’est ce qui doit nous rendre plus efficaces.

 

Sous la pression de la Cour Européenne de Droits de l’Homme la France a procédé à une nécessaire refondation de la concertation dans les armées par une évolution forte et très complexe dans l’armée d’active que nous avons pu décliner pour le plus grand bien de la défense des militaires retraités et ce ne fut pas sans mal. Mais cela-même est le fondement d’une action plus efficace et organisée que nous appelions de nos vœux.

Nous allons continuer à tracer notre chemin d’une façon constructive mais déterminée avec ceux qui le voudront bien.

Afin de mieux mesurer cette évolution, j’ai demandé à Mr le Contrôleur général des armées GINER, Secrétaire général du Conseil Supérieur de la Fonction Militaire, qui a beaucoup œuvré et de façon ô combien efficace, de nous exposer la naissance de cette nouvelle concertation plus complexe certes mais aussi, peut-être, plus moderne et adaptée à notre temps.

Mon Général, mesdames, messieurs je vous laisse entre ses mains expertes et vous remercie de votre attention.

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