Le résultat du referendum sur le BREXIT a explosé à la face de l’Europe.

Les conséquences en sont difficiles à prévoir et chacun va explorer au mieux le domaine de ses intérêts préférentiels.

I – Un domaine capital.

C’est bien celui de la défense et de la sécurité qui nous concerne au premier chef. Il est placé par les citoyens en toute première ligne de leurs préoccupations. Nous ne sommes certes pas les seuls à militer dans le sens d’une action déterminée pour assurer une défense efficace de l’Europe, mais le faisons avec constance, non pas parce que nous avons servi notre pays sous les armes mais parce que cela nous parait essentiel tout comme à la majorité de nos concitoyens.

L’histoire montre à l’évidence qu’il faut avant tout être fort pour mériter la paix et défendre les aspirations les plus fortes des français.

II - En Europe, une défense qui reste encore à façonner.

Nous sommes devant une sorte de puzzle où chaque pays a tissé des liens disparates et sédimentés au gré des soubresauts de l’histoire.

L’OTAN rassemble la plupart des intervenants européens et même au-delà ; elle est dominée et dirigée par les USA. Issue de la guerre froide elle a vu son champs s’élargir et évoluer, se recentrant conjoncturellement sur ses missions initiales en raison de la crise ukrainienne avec la Russie. Ces derniers temps les USA ont entamé une bascule stratégique de l’Europe vers l’Asie ce qui peut ouvrir la porte à des évolutions potentiellement importantes de la gouvernance de l’organisation et de sa place en Europe.

L’Union européenne n’a jamais pu faire émerger une Europe de la défense, le Royaume-Uni s’y opposant en particulier avec constance.

La France a tenté un rapprochement opérationnel avec l’Allemagne, peu encline à participer à des opérations militaires, mais l’essai de la brigade franco-allemande n’apparait pas comme un succès majeur.

La France et le Royaume-Uni ont établi en 2010, par les accords de Lancaster House, une coopération renforcée liant dans un même texte l’opérationnel classique et la recherche dédiée à l’armement nucléaire. Ces deux puissances sont les seules de l’union Européenne à posséder l’arme nucléaire avec néanmoins pour le R-U une dépendance vis-à-vis des USA liée au lanceur. Ce sont également celles dont les forces armées semblent être d’un niveau d’efficacité équivalent et dont les dirigeants politiques n’ont pas hésité jusqu’à présent à s’engager, parfois ensemble, dans des opérations militaires lourdes. Ces accords ne devraient pas être impactés par le BREXIT.

Il faut avant tout consolider cet existant mais surtout l’ordonner pour le rendre efficace, à la hauteur de menaces qui pèsent sur nos pays.

III – Comment se projeter sur un avenir plus efficace ?

Il apparait ainsi que la France est au confluent de nombreux liens dans ce paysage de défense, il lui revient dans ces conditions de prendre des initiatives propres à répondre aux aspirations générales de son peuple qui différent parfois de celles des autres pays européens. Mais faut-il tout faire à 27 dans tous les domaines désormais ? Nous voyons déjà naitre des coopérations renforcées autour des frontières et des bassins de crises potentielles comme en mer Baltique ou en Méditerranée. Il faut ordonner tout cela afin de le rendre intelligible et efficace.

Les dirigeants de l’Union Européenne ont exprimé leurs priorités, les domaines de la défense et de la sécurité y figurent en bonne place. Nous les encourageons à prendre là encore, toute initiative de nature à rapprocher nos visions d’une politique de défense et de sécurité commune et à mettre en place les accords et les moyens adaptés pour y parvenir.

Les accords particuliers dont nous disposons avec le Royaume-Uni sont un atout exceptionnel pour jouer un rôle clé dans la consolidation de nos acquis et l’amélioration de la défense de l’Europe.

Et plutôt que de parler d’une défense européenne mettons au centre de nos préoccupations et de nos objectifs la « défense de l’Europe » et construisons-la vraiment avec les pays qui en ressentent le besoin, qui y croient et sont disposés à y mettre le prix.

V.A. (2s) Michel OLHAGARAY
Président de l’ANOCR

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