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Seniors : les consultations sur la dépendance débuteront en 2011 Imprimer Envoyer
Écrit par Le Parisien   
Mardi, 07 Décembre 2010 00:00
Le financement de la dépendance est plus que jamais à l'ordre du jour. Invitée mardi matin sur France-Info, la ministre des solidarités, Roselyne Bachelot, a estimé qu'une réforme sur ce thème devenait «incontournable».

L'exécutif compte boucler ce dossier consacré prioritairement aux «familles qui ont des frais importants à supporter» d'ici fin 2011 selon la ministre des Solidarités.

Le gouvernement compte d'ailleurs se mettre au travail très vite, il prévoit une consultation au premier semestre 2011 avec notamment les conseils généraux, le monde associatif et les syndicats. L'objectif étant de trouver de nouvelles sources de financement pour les dépenses croissantes liées aux personnes âgées dépendantes.

«Au cours de ce débat citoyen qui va s'ouvrir, nous devrons nous pencher sur le sort des plus fragiles. En premier lieu, les familles qui ont des frais importants à supporter», a estimé sur France Info, Roselyne Bachelot, qui animera la consultation au début de l'année prochaine. «Issues des classes moyennes à revenu modeste, elles ne bénéficient pas massivement des aides et ne sont pas concernées par des dispositifs d'exonération fiscale et sociale», a-t-elle poursuivi.

Le débat devra par ailleurs permettre d'examiner la situation des départements qui peinent à financer «la dépendance» et d'affiner les besoins futurs «évalués actuellement à 30 milliards d'euros», les dépenses annuelles étant aujourd'hui de 22 mds.

Une première série de mesure prendrait effet en 2012

A la fin du débat, au 30 juin, «le président de la République et le gouvernement rendront leurs arbitrages pour une première série de mesures qui sera contenue dans la loi de Sécurité sociale, examinée en octobre-novembre 2011 pour prendre effet en 2012», a précisé la ministre.

Une question importante est de savoir si une partie du financement de la dépendance se fera par l'assurance privée, ou restera du domaine de la solidarité par l'intermédiaire de la Sécurité sociale.

«C'est une piste parmi les autres que de faire porter l'intégralité de la dépendance par la Sécurité sociale, nous ne préemptons pas ce débat», a dit Mme Bachelot, en soulignant que sur le financement actuel de la dépendance, évalué à 22 milliards d'euros, 14 milliards étaient déjà «réglés par la carte vitale»

 
Réforme des retraites des Français plus confiants mais toujours en colère Imprimer Envoyer

PARIS — Plus d'un Français sur deux (53%) se dit en "colère" à l'égard de la réforme des retraites, qui prévoit le recul de l'âge de la retraite à 62 ans, selon un sondage Ipsos à paraître vendredi dans Liaisons Sociales Magazine.

Une majorité des personnes interrogées (55%) se dit "confiante" dans la "capacité à vivre de façon indépendante", 54% en ce qui concerne "la santé et l'accès aux soins".

En revanche 54% des Français se déclarent "inquiets" sur leur niveau de vie au moment de la retraite, et 65% sur le "montant de leur retraite".

Outre la "colère", les personnes interrogées expriment de la "résignation" (45%), de "l'indifférence" (20%), de "la satisfaction" (18%) et parfois du "soulagement" (16%) à propos de la réforme des retraites.

Cette réforme est qualifiée "d'inévitable" par 52% des personnes interrogées, d'"injuste" par 45% d'entre elles, "brutale" (31%) et "confuse" (23%). Seuls 18% des Français l'estiment "courageuse" et 11% "constructive".

La distinction entre âge légal de départ à la retraite et l'âge de départ sans décote (porté de 65 à 67 ans) n'est "pas claire" pour 63% des Français contre 36% qui pensent le contraire. Une majorité (54%) estime par ailleurs que la réforme aura des conséquences "négatives" pour l'emploi des jeunes, le chômage des seniors (48%) ou l'inégalité hommes-femmes (45%).

Selon 56% des personnes interrogées, la réforme va résoudre le problème "à court (26%), moyen (22%) ou long terme (8%)". En revanche, 41% pensent qu'elle ne résout rien (3% ne se prononcent pas).

La question des retraites sera par ailleurs un des enjeux principaux de l'élection présidentielle de 2012 pour 83% des personnes interrogées, le rétablissement du départ à la retraite à 60 ans, proposé par les socialistes, étant jugé peu crédible à 71%.

Ce sondage Ipsos a été effectué pour l'Union mutualiste retraite (UMR), en partenariat avec Liaisons sociales, auprès d'un échantillon de 1.006 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, interrogé par téléphone les 12 et 13 novembre (méthode des quotas).

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Réforme des retraites, acte II du 01/12/2010 Imprimer Envoyer

Après la réforme du régime général, la négociation sur les retraites complémentaires. En jeu : l'équilibre des régimes Agirc-Arrco, leur rendement pour les retraités et leur harmonisation. Pas sûr que l'annonce d'un débat sur une réforme systémique soit stimulante.

À peine le premier acte de la réforme des retraites achevé avec la promulgation de la loi, le rideau du deuxième acte s'est levé, le 25 novembre. Le décor ? La table de négociations consacrée aux régimes de retraite complémentaire, gérés par les partenaires sociaux. Leur objectif ? Étudier les effets ricochets de la réforme du régime général pour définir les nouveaux paramètres de pilotage des caisses Agirc-Arrco et garantir ainsi leur équilibre à terme. Une étape cruciale, sachant que les retraites complémentaires financent 55 % de la retraite des cadres et 35 % de celle des non-cadres. Dans l'immédiat, l'urgence des partenaires sociaux est de « donner un peu d'espace à la discussion », pour reprendre l'expression de Jean-Louis Malys, le négociateur de la CFDT, en prorogeant de trois à six mois le précédent accord de mars 2009, censé arriver à échéance le 31 décembre. « Cette prorogation est nécessaire, confirme Bernard Devy, vice-président (FO) de l'Arrco, pour éviter aux salariés qui décideraient de liquider leur retraite dès 60 ans à partir du 1er janvier 2011 de subir un abattement de 22 % sur leur pension Agirc-Arrco », du fait de la non-reconduction de l'AGFF, la structure qui, jusqu'à présent, finance le différentiel.

Mais le principal enjeu de cette négociation est bien de restaurer l'équilibre à moyen terme des régimes, mis à mal par la crise économique. Car si, en 2007, l'Agirc-Arrco pouvait compter sur un solde positif jusqu'en 2015, « la récession a rapproché cet horizon de sept ans en faisant perdre aux régimes 7,5 milliards d'euros en trois ans », observe Bernard Devy. Résultat, dès 2009, les comptes de l'Arrco ont, pour la première fois depuis la crise de 1993, viré au rouge, accusant un déficit technique (avant produits financiers mais après transferts) de 66 millions d'euros. La situation de l'Agirc est encore plus préoccupante : confrontée à une contraction de ses ressources (– 1,6 %) plus importante que l'Arrco (– 0,4 %), la caisse des cadres a affiché l'an dernier un déficit technique de plus de 1 milliard d'euros. Et 2010 et 2011 ne s'annoncent guère sous de meilleurs auspices, avec des prévisions de déficit atteignant, tous régimes confondus, 2,3 milliards d'euros cette année, 3,7 milliards en 2011. Si bien que les gestionnaires sont contraints de puiser dans leurs 80 milliards d'euros de réserves pour payer les pensions.

« Un peu d'oxygène ». Dans ce contexte dégradé, le report de deux ans de l'âge légal de départ à la retraite devrait certes « donner un peu d'oxygène », estime Danièle Karniewicz (CFE-CGC). Mais de là à partager l'optimisme du gouvernement qui tablait sur un retour de 1 milliard d'euros d'excédent dès 2018 pour l'Arrco grâce à sa réforme, il y a un pas... Mettant tour à tour en avant un scénario macroéconomique plus prudent que ceux retenus par le Conseil d'orientation des retraites, un niveau de pension mécaniquement plus élevé du fait de la réforme – du moins pour les seniors maintenus en emploi – et des concessions gouvernementales (sur les mères de famille de trois enfants, les handicapés ou encore les carrières longues) supportées « plein pot » par les complémentaires, patronat et syndicats préfèrent rester prudents. « Nous avons besoin d'y voir plus clair », résume Patrick Poizat (CFTC).

Une chose est sûre en revanche : le report de l'âge légal devrait soulager la charge de l'AGFF. Avec une inconnue toutefois : l'âge officiel de départ à la retraite dans les complémentaires sera-t-il porté de 65 à 67 ans, comme cela devrait découler d'une application stricte du report de la borne d'âge pour atteindre le taux plein dans le régime général ? « Il n'en est pas question », tonne Bernard Devy, qui aimerait surtout en profiter pour « régler une bonne fois pour toutes » cette question de l'AGFF. « Les salariés ayant le taux plein dans le régime général devraient pouvoir en bénéficier automatiquement aussi dans les complémentaires », précise le responsable FO. « Il faut mettre un terme au chantage à la dénonciation qu'agite le patronat à chaque début de négociation », abonde Éric Aubin (CGT). Un chiffon rouge que les représentants des employeurs se sont toutefois bien gardés d'agiter cette fois-ci...

Mais le point dur de la négociation, cette fois encore, concernera la question des rendements des régimes, en baisse constante depuis les derniers accords de 2003... « Tant que les régimes demeureront en déficit, il ne sera pas raisonnable de revenir à des rendements croissants », plaide-t-on côté patronal. A contrario, pour les organisations syndicales, cette stabilisation est devenue indispensable, sauf à « organiser la paupérisation d'une partie non négligeable de la population et notamment des classes moyennes », prévient Bernard Devy. Les cadres ne seront pas épargnés : « D'ores et déjà, le taux de remplacement de plus de 80 % des assurés Agirc qui ne gagnent pas plus de deux plafonds de la Sécu par mois (5770 euros en 2010) ne dépassera pas 50 % de leur dernier salaire », rappelle Danièle Karniewicz, qui redoute, malgré tout, une nouvelle dégradation de ces taux, « vu la situation financière de l'Agirc ». D'autant que cette stabilisation des rendements nécessiterait un coup de pouce sur les cotisations, un levier que le patronat refuse toujours catégoriquement d'utiliser : « Nous sommes au taquet des prélèvements », répète-t-on inlassablement côté patronal.

Convergence des régimes Agirc et Arrco. Côté dépenses, la question des avantages familiaux et conjugaux, et notamment celle, récurrente, de leur harmonisation entre les deux régimes, risque, elle aussi, de revenir sur le tapis. Historiquement plus favorables côté Agirc, ils représentent 24 % des prestations versées par le régime des cadres, contre 5 % de celles de l'Arrco. « Nous ne sommes pas à l'abri d'une remise en cause de ces droits, ce qui sera source de tensions avec le patronat », prévient Éric Aubin. Même si l'impact financier d'éventuelles mesures d'économies serait forcément mineur puisqu'elles ne porteraient que sur les droits futurs.

D'une façon plus générale, les partenaires sociaux devront aussi se pencher sur la convergence des régimes Arrco et Agirc, en marche depuis 1996. La CFDT y est ouvertement favorable « à terme », précise Jean-Louis Malys. « À la condition que cela ne se résume pas à des régressions sociales », nuance Bernard Devy. Mais de là à envisager une fusion des deux régimes, l'immense majorité des organisations syndicales y est hostile. « Si nous sommes d'accord pour continuer à travailler sur des mises en commun de moyens pour améliorer la qualité de service rendu aux adhérents, la fusion des caisses n'est pas sereinement envisageable en ces temps difficiles », justifie Patrick Poizat. « La perspective du lancement d'un débat en 2013 sur une éventuelle réforme systémique des retraites plaiderait pour que l'on ne perturbe pas trop les choses au niveau des complémentaires », ajoute Danièle Karniewicz.

De fait, l'initiative prise par les sénateurs au terme de l'examen de la réforme générale des retraites risque d'alourdir encore un peu plus le climat de cette négociation Agirc-Arrco. « Certaines organisations pourraient être tentées d'adopter une position a minima dans la négociation Agirc-Arrco dans l'attente de ce Grand Soir, au risque de nous empêcher d'avoir une vision à long terme de nos régimes », redoute ainsi Bernard Devy, par ailleurs soucieux « de ne pas apporter les régimes complémentaires sur un plateau à l'État ». « On pourrait nous le reprocher en cas d'échec de la négociation », prévient-il. Car, même si les sénateurs se sont bien gardés, à ce stade, de préciser les contours de cette réforme systémique, certains craignent déjà qu'elle ne se réduise à une fusion Cnav-Agirc-Arrco. « Ce qui consacrerait la fin de notre autonomie de gestion et la reprise en main par l'État des retraites complémentaires », déplore Bernard Devy. « La question n'est pas de tuer l'Agirc ou l'Arrco mais de dépasser les logiques institutionnelles pour regarder le cœur des solidarités du système de retraite », rétorque Jean-Louis Malys, favorable, pour sa part, à cette remise à plat. Reste que si le décor de la négociation est planté, son dénouement est encore bien incertain...

 
Retraite six mois de plus pour racheter ses trimestres Imprimer Envoyer
L'accord AGFF vient d'être renouvelé. Une bonne nouvelle pour ceux qui partiront en retraite avant le 1er juillet 2011, notamment les cadres.

Le sursis est de courte durée, mais au moins, la décision a été prise rapidement. Les partenaires sociaux ont en effet reconduit jusqu'au 30 juin le dispositif AGFF, qui permet aux salariés de partir avant 65 ans sans pénalité, à condition d'avoir effectué tous les trimestres requis (voir aussi page 6). Sans l'AGFF, un salarié qui partirait à 60 ans avec le taux plein sur le régime général écoperait de 22 % de décote sur les complémentaires.

« C'est une bonne nouvelle qui aurait pu intervenir plus tôt, histoire de rassurer ceux qui partent au 1er janvier », note Marc Darnault, associé chez Optimaretraite. D'autant que le renouvellement de cet accord AGFF favorise aussi le rachat de trimestres pour ceux qui n'ont pas travaillé suffisamment longtemps. Cette possibilité mise en place en 2003 s'avère parfois très avantageuse. Car, en rachetant à la Sécu ses trimestres d'études ou d'années incomplètes, on efface non seulement les pénalités sur son régime de base mais aussi, grâce à l'AGFF, sur les complémentaires. On bénéficie donc d'un effet de levier rendant l'opération très rentable, d'autant que les versements sont déductibles. Et plus le salaire est élevé, plus les complémentaires (Arrco pour tous les salariés, Agirc pour les cadres) pèsent dans sa retraite totale, et plus l'effet de levier est important.

Pour être certain d'en profiter, il faut que la date d'effet demandée pour la liquidation des pensions Arrco et Agirc (sur la tranche B) arrive au plus tard au 1er juin 2011. Et que la demande de rachat de trimestres ait été faite avant cette date. Ce n'est donc pas la date du premier versement qui compte. Heureusement, car les délais de traitement de la demande peuvent être longs, en particulier en ce moment où les gens attendaient l'annonce sur l'AGFF pour se décider.

Logiquement, les personnes partant en retraite avant le 30 juin prochain sont nées avant le 1er juillet 1951. Il ne devrait donc pas y avoir de téléscopage avec la réforme actuelle, même pour ceux qui bénéficient du dispositif « carrière longue » et peuvent partir avant 60 ans.

Autre mesure à prendre d'urgence, cette fois avant la fin d'année : racheter les éventuelles périodes passées à l'étranger pour lesquelles on n'a pas cotisé à la CFE (Caisse des Français à l'Étranger). En effet, leur coût va être aligné sur le rachat d'années d'étude au 1er janvier, soit 2 à 15 fois plus cher selon les cas d'après la société Maximis Retraite.

Alexandre Phalippou

 
Au sujet de nos retraites ! Imprimer Envoyer
Le dossier « Retraites » est à la « Une » de l'actualité nationale et au centre de nos préoccupations. Le projet, adopté dans une forte houle par les députés, subit actuellement le feu du Sénat.

A première vue, en demeurant prudents, les évolutions envisagées auraient pour les militaires, sur l'essentiel, les conséquences suivantes :

Militaires retraités :

apparemment, aucune des mesures ne les concerne, ni pour eux ni pour les conjoints survivants (pension de réversion).

Militaires en activité, futurs retraités :

maintien du principe de la liquidation anticipée, du calcul de la pension sur l'indice des six derniers mois (il est rappelé que les paramètres des droits à pension sont figés dans les conditions applicables à l'année durant laquelle le droit à liquidation est acquis), de la bonification d'activité, ainsi que du cumul emploi-retraite,

s'agissant des mesures nouvelles, à noter :

  • la création d'un comité de pilotage des organismes de retraite,
  • le report des durées de service permettant la liquidation de la pension de 15 à 17 ans pour les sous-officiers et de 25 à 27 ans pour les officiers ; une transition de 2011 à 2015 sera fixée par décret,
  • l'allongement de deux ans des limites d'âge pour tous les grades.

A suivre car ce chantier considérable n'est pas à son terme et peut, dans l'application, réserver des surprises.

 
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