| Arriver à la retraite en bonne santé : des inégalités criantes |
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| Écrit par LE POINT.FR | |||
| Mardi, 08 Mars 2011 00:00 | |||
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Qu'elles touchent à l'emploi, au handicap, à l'obésité ou encore au tabagisme, les inégalités sociales en matière de santé sont très fréquentes. C'est d'ailleurs le thème exclusif du dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié mardi matin. Emmanuelle Cambois, de l'Institut national d'études démographiques (à Paris), et Jean-Marie Robine, de l'équipe "démographie et santé" de l'Inserm (à Montpellier), y dévoilent les résultats de leurs travaux sur les inégalités d'espérance de vie en bonne santé avant et après 65 ans. Et ils posent la question suivante : "Pour qui la retraite sonnera ?" Réalisée à partir des indicateurs de ce que l'on appelle l'espérance de vie en santé (EVS), leur étude a évalué l'(in)égalité des chances de participation sociale après 50 ans. Les chercheurs ont calculé l'EVS à 50 ans, à 65 ans et entre ces deux âges de six catégories socioprofessionnelles. Résultats : à 50 ans, l'EVS des ouvriers atteint 27 ans, la moitié étant passée avec des limitations fonctionnelles (problèmes de locomotion, de vision, d'audition...), alors qu'elle est plus longue de 5 ans chez les cadres (avec un tiers seulement de limitations fonctionnelles). "Cela montre que les inégalités d'EVS sont largement présentes avant 65 ans", ajoute la chercheuse, qui parle d'une "double peine" pour les ouvriers qui vivent davantage d'années d'incapacité que les cadres pour une espérance de vie plus courte. Quant aux femmes quinquagénaires, celles des catégories socioprofessionnelles les moins qualifiées n'ont pas plus d'années de vie en bonne santé que les hommes, malgré leur plus grande longévité. Toujours à 50 ans, les espérances de vie des professions intermédiaires, des agriculteurs et des indépendants sont assez voisines de celles des cadres. Suivent les employés, mais chez eux les chiffres diffèrent selon les sexes : les femmes sont proches des cadres et les hommes proches des ouvriers. Les EVS présentent le même gradient socioprofessionnel, à l'exception des agriculteurs qui ont plus de limitations physiques sans doute en raison de leurs dures conditions de travail. À 65 ans, les EVS sont évidemment plus courtes, mais les inégalités persistent. "Nos résultats montrent bien que les inégalités de participation sociale et d'espérance de vie sans limitation d'activités sont bien présentes avant et après 65 ans", conclut Emmanuelle Cambois. Pour elle, "dans le contexte de report des âges seuils de la retraite, ces chiffres posent la question du maintien en emploi jusqu'à la date légale de fin de carrière pour certains, surtout dans les professions manuelles ou non qualifiées". Par ANNE JEANBLANC
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